Esclaves ou le roman subversif de Kangni ALEM

Posté le 6 mars 2009

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Habitué à nous promener dans les décombres de Ti-Brava (Togo)à travers la débrouillardise de ses habitants – peuple aussi moqueur de ses propres malheurs que de ses prouesses – le togolais Kangni Alem nous embarque dans Esclaves, sa future publication chez Jean-Claude Lattès, à travers une fresque historique aussi étonnante qu’époustouflante.

Nous sommes au dix-neuvième siècle, dans une période violemment tourmentée par la traite négrière qui ronge les côtes ouest-africaines jusqu’à l’intérieur des terres.

Le récit qui développe plusieurs histoires, campe la figure d’un notable d’Agbomè, Maître des cérémonies du roi Adandozan. Personnage atypique et parfois pleutre, subissant les faits dans leur déroulement implacable, il vécut plusieurs vies, connut plusieurs pays, défendit plusieurs causes avant de revenir mourir en Afrique, anxieux de voir de nouveaux jours assombrir le ciel de ses ancestres sous le parapet de la colonisation.

C’est d’abord en tant qu’allié du roi Adandozan que le notable tente de se soustraire à la vengeance terrible de Gankpè – futur Ghézo – qui a vu en lui un obstacle à l’assassinat manqué de son protecteur. Lancée à ses trousses, la milice féminine de Ghézo parvient à l’arrêter à Comé, mais au lieu de lui trancher la tête, le chef des amazones, Nansica, le viole, le réduit en esclave et le vend à un négrier de Porto Seguro, actuel Agbodraffo du Togo. L’ancien Maître des rituels devient alors Miguel et se retrouve au Brésil au service d’un seigneur ayant sous ses ordres un millier d’esclaves.

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Parmi ceux-ci, un vieil haoussa, Sule, musulman lettré qui travaillait pour payer à son propriétaire la somme nécessaire à son affranchissement. Sule lui apprend le portugais et l’arabe, mais surtout le convertit à l’islam et aux idées antiesclavagistes, semant en lui les germes d’une insurrection contre les asservisseurs. Car, c’est à Salvatore de Bahia, la ville noire de Brésil où il est de nouveau vendu à un autre propriétaire terrien que Miguel mesurera l’ampleur de la révolte qui se prépare et à laquelle il participe comme acteur de premier plan.

Malheureusement, l’insurrection tourne court. Les esclaves frondeurs sont réprimés dans le sang par une police impitoyable. Les survivants sont jugés et condamnés au bannissement. Miguel, infortuné parmi les infortunés, revient en Afrique et choisit de s’installer à Agoué, ville où est mort son ancien maître, le roi déchu Adandozan. C’est là qu’il apprend comment Sophie Olivier de Montaguère, Sikadjin, l’épouse blanche du souverain, a fini ses jours, empoisonnée; c’est là que lui-même apprend qu’un enfant lui est né du viol qu’il avait subi de la part du chef des amazones ; c’est là qu’il pressent, avec la fin de l’esclavage, les rumeurs d’une nouvelle ère qui allait s’abattre sur l’Afrique : la colonisation.

         Roman de destinée, œuvre d’interrogation sur les allées et retours entre l’Afrique et le Brésil, Esclaves est un texte qui prend comme substrat l’Histoire, avec une datation rigoureuse, dans une succession de faits authentiques auxquels l’auteur ajoute, à certains moments, une bonne dose de fiction.

Car, Kangni Alem s’amuse à s’écarter parfois des faits historiques, à tracer à certains personnages des trajectoires autres que celles qui sont réelles (la reine Sophie par exemple), à leur conférer des statures plus conformes au romanesque. Même la langue qu’il attribue aux Agbomènous et dont on a quelques phrases en « gbé », est libellée en Guin-Mina.

         Mais au-delà, ce qui est d’une richesse inestimable, ce sont les informations qui traversent l’œuvre. Le personnage d’Adandozan  – monarque dont le règne et la mémoire sont effacés de l’histoire du Danxomè – s’impose dans le livre comme un humaniste et un abolitionniste visionnaire que les intrigues de Gankpé et les intérêts sordides de don Francisco Félix de Souza ont fini par déstabiliser. La reine Sophie, unique épouse blanche dans l’harem royal, apparaît comme une figure exceptionnelle, à la fois exotique et décalée, modèle et soutien habile au roi dans ses idées avant-gardistes.

         Au contraire de ces personnages, Ghézo le souverain aux aspérités flamboyantes, se présente comme un infatigable prédateur hanté par sa seule ambition, celle de parvenir au pouvoir et d’étendre ses tentacules sur les royaumes voisins. Ses amis, mercenaires blancs et aventuriers aux dents longues, ne valent pas mieux qui ne se distinguent que par leurs voracités à pratiquer les razzias, à entasser à fond de cale des esclaves pour le Nouveau Monde. Don Francisco Félix de Souza (é plé vi  plé non), se révèle à ce sujet, en effet, comme une véritable catastrophe contre le bon sens, homme de toutes les intrigues, gourou, conseiller occulte, négrier retors et finalement vice-roi de Glexué, le premier port du Danxomè sur lequel il a régné en maître et en dieu pendant une quarantaine d’années(à sa mort, il laissa 53 veuves, 190 enfants et 1200 esclaves).

Roman truculent, servi par une  écriture libre, flirtant parfois avec le style des récits magiques des romans latino-américains, Esclaves est une fraîcheur toute pétillante sur les idées reçues sur l’histoire du Danxomè, sur les rapports  entre l’Afrique et le Brésil au siècle des négriers, siècle dont tout, sinon l’essentiel, reste encore à découvrir.

 

                                               Esclaves de Kangni Alem, Jean Claude Lattès (à paraître en avril 2009)

 

70 commentaires pour « Esclaves ou le roman subversif de Kangni ALEM »

1 2
  1.  
    Bernice
    | 10:52
     

    Tout ceci donne de l’eau à la bouche, en tout cas on dirait, à la manière dont Florent décrit le livre, que ça va chauffer. mais, est-ce le même roman qui était annoncé depuis des années sous le titre le temps des caravelles, Florent?

  2.  
    Valère
    | 13:40
     

    C’est vrai que ça vous donne envie d’en savoir davantage sur cette fresque historique. Mais Kangni le fait-il pour éclairer l’opinion sur ce qu’ont été les connivences des rois africains avec les négriers européens, ou est-ce juste pour détourner l’histoire afin de mieux en rire?

  3.  
    Zèvounou
    | 14:26
     

    Bizzarre! Adandozan était un roi « visionnaire et abolitionniste ». Je m’attends à tout sauf à ça. Le romancier, si talentueux soit-il, peut-il se substituer à l’historien? Ou fait-il simplement du révisitonnisme?

  4.  
    | 17:38
     

    Deux choses: la première pour dire qu’effectivement le roman portait initialement le titre de Du temps des Caravelles. Pourquoi l’éditeur l’a-t-il finalement préféré à Esclaves? L’auteur pourrait y répondre.
    Quant à ce qui concerne le révitionnisme dont ferait preuve le romancier, je vous prie de modérer vos propos. Un romancier, s’il s’intéresse à l’histoire, ce n’est pas pour en faire sortir l’aspect historique, mais c’est pour nourrir son imaginaire de créateur. Il n’a pas besoin de reconstituer à l’identique des faits, mais de se saisir de certains évenements pour bâtir des rêves historiques, ce que Kangni fait excellement. Bref, pourquoi aligner des mots ici? Il suffit de lire l’ouvrage, si bien sûr, vous avez la patience d’attendre jusqu’en Avril.
    Florent COUAO-ZOTTI

  5.  
    K.A.
    | 20:02
     

    Salut Florent, et merci d’avoir lu le roman. je peux comprendre la réaction de Zèvounou, onraconte tant de choses sur Adandozan, et il y a tellement de points de vues qui divergent quant à son aura réel que l’écrivain peut en être troublé. Mais il y a des nuances importantes à apporter à sa figure, et ça c’est le travail qu’adore un romancier. Le portrait d’Andandozan que je fais n’est ni ni révisionniste ni à charge, surtout ce qui m’intéressa dans l’écriture du roman, ce sont les conditions « spéciales »" de sa destitution. Je pense, sincèrement, que notre ali comprendra davantage qu’il s’échauffe trop tôt, quand il aura lu le roman en avril. Avril n’est plus loin, n’est-ce pas? Salut à tous.
    Kangni Alem

  6.  
    K.A.
    | 23:58
     

    Encore moi, oui le titre a changé, parce que la licence poétique induite par le mot « caravelles » dans le premier titre générait un anachronisme. les caravelles renvoient au 16e siècle, or les bateaux utilisés pour la traite étaient plutôt du type brigantin! Esclaves était le titre générique des 2 tomes de départ, je l’ai gardé pour ce livre-ci, on verra plus tard pour la suite, si suite il y a…

  7.  
    Zèvounou
    | 8:18
     

    « Ghézo le souverain aux aspérités flamboyantes se présente comme un infatigable prédateur hanté par sa seule ambition, celle de parvenir au pouvoir et d’étendre ses tentacules sur les royaumes voisins »: C’est ce que dit Florent sur le personnage du roi tel que Alem le présente dans le roman. C’est un point de vue, certes romanesque, mais loin, mais alors loin de la réalité historique. L’écarivain, on le sait, est libre d’écrire ce qu’il veut, mais si c’est pour écorner l’histoire, je lui en laisse la responsabilité!

  8.  
    R. de Souza
    | 10:08
     

    don Francisco Félix de Souza Chacha est un négrier, tous ses descendants ont reconnu que c’était une horreur que ce commerce dans lequel il s’était royalement enrichi. D’ailleurs, lui-même, vers la fin de sa vie, en avait été conscient. Mais c’est commode pour les intellos de le juger avec les oeillères d’aujourd’hui. Je vous demande tout simplement de ne pas apprécier les choses hors contexte. Jouer les défenseurs des droits de l’homme ou du nègre c’est, je crois, l’exercice le plus facile qu’il soit.

  9.  
    K.A.
    | 21:51
     

    Super!

  10.  
    Mathias
    | 9:31
     

    Si les descendants de Chacha reconnaissent aujourd’hui que leur arrière grand-père s’est illustré de façon aussi terrible, en vendant des hommes, il n’y a qu’à leur présenter des félicitations.

  11.  
    Tobias
    | 23:55
     

    cher de Souza, Chacha se serait repenti à la fin de sa vie? Donnez-nous des preuves de cette affirmation. Il a fait quoi, affranchi ses milliers d’esclaves? Même pas. L’homme était un aventurier sans le sou devenu un infâme négrier, il faut le dire point. Merci à Alem pour ce roman qui commence à déranger avant même sa sortie. Je lirai, je suis impatient de lire.

  12.  
    Mathias
    | 7:51
     

    « infâme négrier », dites-vous? J’irai, moi, plus loin, en disant que c’était une ordure. Et si on fait le parallèle avec les temps modernes, je dirai que c’était le Foccar des années soixante dix doublé de Bob Denard des annnées Comores…

  13.  
    Alberic
    | 8:13
     

    C’est en lisant un journal que j’ai vu le site de ce blog. Cet article nous permet de crever l’abcès que constitue cette douloureuse histoire: Chacha ne s’est jamais repenti de ce commerce honteux. Comme l’a dit Kangni, il n’a pas renoncé, au soir de sa vie, aux esclaves qu’il avait dans ses différentes propriétés à Ouidah. Plus grave, ses fils n’ont pas affranchi ces esclaves, il a fallu attendre le début de la colonisation pour que chacun prenne sa liberté. Au nombre de ces esclaves figurait notre arrière grand-père, né esclave et portant le nom de Souza qu’il a dû changer une fois sa liberté retrouvée. Quand vous allez au musée de Souza, près de la gare routière à Ouidah, le guide (qui est un de Souza)est souvent embarrassé lorsqu’on lui pose des questions sur le commerce négrier…C’est dire…

  14.  
    Affognon J-M.
    | 11:05
     

    Il a beau être ce que vous dites de lui, don Felix Francisco de Souza est un personnage de l’histoire. Ce qu’il a fait à propos de la traite négrière est sans doute blamable. Mais il appartenait à une époque où, pour s’enrichir, les gens faisaient ce qu’il a fait. Il aurait pu devenir traficant d’armes ou vendeur d’or. Mais il s’est illustré dans le commerce du Bois d’Ebène avec la complicité des rois du Danxomen dont la richesse reposait sur ce trafic-là. Si vous jugez ce personnage avec les considérations d’aujourd’hui, vous allez le trouver odieux, mais on appelle ça de l’anachronisme!

  15.  
    Tobias
    | 11:14
     

    Dis donc, donc il faut se taire? L’homme pouvait vendre l’homme dans ces temps-là, et vous trouvez qu’il faut se taire aujourd’hui? Même un ch »tien passant de l’Ancien au Nouveau testament n’oserait pas dire cela. Honte aux de Souza, ce sont eux qui sont anachroniques!

  16.  
    Christelle
    | 11:10
     

    J’espère que Kangni Alem nous fera l’amitié de venir présenter ce roman à Cotonou. Les descendants de Chacha et autres intellectuels feront le parterre pour nourrir le débat.

  17.  
    Levine
    | 17:49
     

    Je suis curieux de lire les propos Mina que l’auteur prête aux amazones et aux personnalités du royaume du Danxomè. Est-ce une fantaisie de Kangni Alem ou est-ce par paresse? ça me rappelle le film L’exil de Béhanzin dans lequel le roi parlait une langue bizarre censée représenter le fon et auquel, moi, fonphone je ne comprenais rien!

  18.  
    Tête brûlée
    | 18:19
     

    C’est sans doute la mode chez les écrivains africains: écrire des romans historiques en y mettant des personnages blancs. Après Le roi de Kéhal de Monénembo, voilà une autre oeuvre qui raconte les tribulations d’une femme blanche dans un harem africain. De quoi nourrir les ambitions d’un prix littéraire, n’est-ce pas Kangni Alem?

  19.  
    K.A.
    | 23:31
     

    Mais non, mais non, Tête brûlée, il n’y a pas de harem dans mon roman. Quant aux prix littéraires, on n’écrit pas pour les obtenir, mais s’ils arrivent on les reçoit comme cela se doit, ne vous en faites pas pour moi. Levine, tu as raison: on peut critiquer facilement le choix du Fon dans la bouche des Amazones, je parle un peu et comprends bien le fon et j’aurais pu le faire, mais j’ai préféré faire un clin d’oeil à mon public Mina, laquelle langue Mina pour laquelle j’invente aussi une écriture. Non, à la lecture du roman, Levine, vous comprendrez en lisant l’exergue quel est la démarche générale du roman. Le matériau de base est historique, mais je fais bel et bien de la fiction.
    Christelle, rassure-toi, je viendrai me faire flageller à Cotonou, oh oui, j’adorerai l’échange avec le public béninois dont j’ai un souvenir des plus chahutés! Allez, on va remettre cela!

  20.  
    Tofongou J.-J.
    | 3:09
     

    Cher Florent
    Je te lis souvent dans La Nouvelle tribune sur l’actualité politique béninoise. Cette fois-ci, c’est en littérature que tu interviens. A en croire ton papier, notre ami togolais a décidé de secouer le cocotier dahoméen. Tant mieux si ça peut permettre de remettre les choses à l’endroit.

  21.  
    Ahmed
    | 12:43
     

    C’est difficile de se prononcer sur un livre dont on n’a encore rien lu, sauf les commentaires faits par Florent dont, par ailleurs, j’admire le talent à travers ses chroniques dans La Nouvelle tribune. Nous avons besoin de nous faire notre propre opinion sur le livre, même si les commentaires de celui qui a lu peuvent nous orienter. Vivement que ce livre soit disponible pour que nous sachions de quoi ça retourne. Mais dores et déjà, on peut se réjouir de la « bonne polémique » que ça a commencé à susciter.

  22.  
    Gangoueus
    | 14:34
     

    Bonjour,

    Je suppose que c’est le livre évoqué dans une interview accordé à Africultures en compagnie de Patrice Nganang. Cette thématique est passionnante, souvent ignorée. Sous la plume de K.A., je sens à lire vos premières réactions que cela promet des réflexions intéressantes. On attend avril.

    @+

  23.  
    | 17:28
     

    Tiens Gangeous, Salut!

    Heureux de te relire sur mon blog. J’ai voulu intervenir sur le tien, mais je n’y suis pas parvenu. Tu as fait de superbes articles sur trois de mes bouquins, je voulais t’en féliciter…

  24.  
    | 18:31
     

    Je voudrais répondre à Levine au sujet de la langue Guin-mina que Kangni a prêtée aux personnages d’Agbomè sensés parler le fon. Certes, je n’ai pas caché mon amusement en lisant ces lignes, étant locuteur de cette langue, ça m’a paru curieux d’entendre le Guin-Mina dans la bouche de ces personnages. En voici quelques uns: »Gankpe, se ba de fia bubuto gbo be, ne nya de le esia ! « ( p.51) »Yovo se gbe voa mu se agbangbangban’o.P.76  » Agoo ! Agoo na mi », (p. 109).
    La plus savoureuse de ces phrases, se trouve à la page 125 quand Nansica, l’amazone jouit du viol qu’elle a fait subir au Maître des rituels « Aooh, évo, nusu ntoto be vo ! Ma ku, ma ku, ma ku, éwoé ma ku ! » Voulez-vous, Levine, que vos oreilles soient secouées par la traduction en français de ces pépites?

  25.  
    Gangoueus
    | 2:25
     

    Bonjour Florent,

    Merci!
    Dommage que tu n’aies pas pu laisser ton commentaire. Sur Blogger, c’est assez aisé pourtant…
    Je suis honoré par ton passage par ma case. J’ai adoré ton recueil de nouvelles L’homme dit fou et la mauvaise des hommes. Et je me suis promis de plonger dans tes romans, une affaire à suivre.

  26.  
    Aristide
    | 11:53
     

    Si je ne m’abuse, ceci risque d’être un roman qui va secouer les Béninois, qui se cachent derrière le tabou du passé. Oui, nous avons été esclavagistes, et repentir ou pas il est bon de secouer notre mémoire. J’espère que l’auteur tiendra sa promesse de venir parler de son roman à Cotonou, j’y serai.

  27.  
    rhino
    | 17:39
     

    Je vois dans le roman de M.K Alem une triple originalité au regard du compte rendu qu’en fait M. Couao-zotti.
    En premier lieu, il semble d’une étonnante perspicacité en ce qu’il pose enfin (et c’est souvent loin d’être le cas) le problème de nos propres contradictions sur l’esclavage, lesquelles ont tendance à se cantonner dans un discours accusateur contre l’occident.
    En second lieu, l’histoire me paraît d’une étonnante actualité tant le rôle controversé de De Souza peut aisément se transposer à la période coloniale ou contemporaine. Il y a toujours des « transfuges »; ce n’est pas là un jugement de valeur, c’est un simple constat historique, une réalité politique qui mériterait d’être approfondi par des spécialistes en sociologie ou histoire. Cette question semble faire l’objet d’un refoulé presque pathologique dans les milieux intellectuels du continent.
    Enfin, je crois que le livre de K.A, ancre l’esclavage dans une approche universelle dans la mesure où la question de la « collaboration », n’est pas propre à l’Afrique: elle est aussi présente dans les pays occidentaux (Allemagne, France, etc.)Simplement, il faut reconnaître qu’elle avait jusque là plutôt fait l’objet d’idéologie que de véritable approche critique. Une approche scientifique gagnerait en ce sens à éclairer chacun tant les passions sont, sur ce point, encore vivaces. Le livre de K.A n’a pas ambitionné une telle tâche ce qui me paraît plus que normal pour un romancier.

    Mais d’ailleurs, existe-t-il encore un brin de travaux de recherches actuels sur cette question? Qui fera parler le passé tant il n’y a personne pour le faire; tant les spécialités prenant le continent pour objet sont en voie de disparition; tant il n’y a simplement plus moyen de penser au sein d’un système universitaire totalement délabré?

  28.  
    Michel Kinvi
    | 4:38
     

    Salut Florent,c’est Michel M T Kinvi

    Tu ne te rappelles pas sans doute de ce nom. Je suis cet inconnu qui, il y a queques semaines a Porto-Novo, a tendu la main pour te décharger du petit sachet d’arachides cuites que tu tenais, en attendant que tu accordes une interview a une chaine télé au cours du Festival de la Bande Dessinée a Porto-Novo.

    A la fin de l’interview, je m’étais présenté en faisant référence a Alem mon compatriote, ton ami. J’espère que tu te souviens du moment en question.
    je suis de retour a New York depuis quelques jours.

    Pour donner mon point de vue sur le Livre de AK a partir de ton commentaire, je dirai que la seule chose qui me parait une nouveauté dans la narration d’Alem c’est d’avoir introduit une scène surréaliste: une Femme Africaine qui viole allègrement un Homme jusqu’à en accueillir la semence en son sein.C’est cela qui dérangera et froissera les sensibilités morales, les mœurs chez beaucoup de lecteurs. A mon avis ce n’est pas seulement les mœurs locales en Afrique qui sont heurtés de front par cette scène mais les mœurs de toutes les cultures de partout ailleurs. C’est la la scène la plus fictive du récit.

    En plus de cette scène, c’est la présence d’un personnage très insolite par son rôle:une femme blanche épouse supportante d’un homme noir déjà en ce temps du 19eme siècle.C’est un peu a l’envers des choses.

    Quand au reste, les intrigues de pouvoir, les trahisons, les collaborations, l’enrichissement par l’exploitation « honteuse », les divergences de vue sur la politique nationale etc sont permanent à toutes les époques et à tous les milieux de la terre. Si le Livre de AK, qui tourne un peu en derision les faits, peut relancer le débat au Benin juste pour faire avancer un peu la recheche du rétablissement objectif des faits du passe, tant mieux.

    je crois que le but de l’auteur n’est pas de dire au Béninois leur Vérité passée.Mais surement, le Livre devra provoquer, chez les praticiens autochtones de la recherche, des investigations complémentaires sur ce passé, très sérieux par ses conséquences, greffé de beaucoup d’imaginaire ici par AK.

    Félicitation, Alem!

    Michel Kinvi

  29.  
    | 9:44
     

    Salut Michel,
    Bien sûr, je me rappelle ton visage et ta gentillesse, tu étais avec notre ami Joseph Akligo dit Jo Palmer (son nom de bandeur dessinateur ou de dessinateur bandeur, c’est à choisir)…
    La scène du viol, telle que décrite par Alem ne me choque pas, bien au contraire, je la trouve conséquente, eu égard au régime draconien auquel étaient soumises ces charmantes femmes qui, à cause de leurs statuts, étaient réduites à des machines à tuer. Sous certains généraux de l’armée, on avait même gommé chez elles toute vélléité de désirs sexuels. On peut comprendre qu’en expédition guerrière ou en mission, hors de portée de leurs chefs, elles puissent se lâcher, laisser libre cours à leurs fantasmes. Ce qu’a fait parfiatement Nansica, avec pour bonus, ce projet d’enfant conçu avec la semence de l’homme dont elle admire le courage et la tenacité.
    Pour la Reine Sophie, j’ai eu la chance de discuter avec un des éminents spécialistes de la question, E. Djimassè, qui, non seulement m’a confirmé le fait historique, mais m’a aussi révélé que cette reine a mis au monde un enfant pour Adandozan. Avant le roi, Sophie avait eu deux enfants d’un français originaire de Marseille avec qui elle vivait à Ouidah. Celui-ci, devrant repartir pour la France, aurait confié sa femme au roi Adandozan. Le roi se serait montré si attentionné que madame aurait jeté ses scrupules par dessus bord pour devenir son épouse (l’histoire attribue la séduction à la femme). Mais Sophie a survécu à sa destitution et, contrairement au roman de Kangni, serait redevenue l’épouse de Ghézo, le « neuveu félon » du roi.
    Merci Michel d’avoir participé aux « débats »!
    A Rhino,
    Je souscris entièrement à ce que vous avez dit à propos des « collabos ». C’est vrai qu’on a tendance à oublier que la traite négrière n’est devenue commerce transcontinental que parce que les négiers ont trouvé terrain propice en Afrique. Le royaume du Danxomè a assis sa propérité en partie sur cette activité puisqu’il fournissait les négriers en esclaves. Mais face à la demande de plus en plus croissante en Amérique, les négriers allaient se servir eux-mêmes, en organisant des razzias à l’intérieur des terres. Il y a donc collaboration, mais cette collaboration était très limitée, en tout cas, ne concernait qu’une proportion assez limitée. Toutefois, il ne s’agit de dédouaner les auteurs locaux de cette infamante activité, mais de dire la part de leur responsabilité dans ce qui s’apparente de plus en plus à un génocide démographique et culturel!

  30.  
    Michel Kinvi
    | 6:55
     

    Salut Florent,

    Merci , pour me situer dans le contexte. Le statut particulier, les interdits et la discipline aux quels ces femmes sont soumises font que ce viol singulier est concevable (mais pas acceptable moralement). J’espère par ailleurs que KA, ait pu décrire aussi dans le livre l’état âme de l’Homme pendant qu’il subissait le viol intégrale par une femme. Je me demande aussi combien d’hommes aimeraient être a la place de cet homme, Adandozan, victime de viol commis sur lui par une femme honorable…

  31.  
    K.A.
    | 14:55
     

    Mais arrêtez svp, la scène du viol ne porte pas sur le roi mais sur l’esclave Miguel, ancien maître des rituels du roi, nuance. Là, je suis obligé de rectifier, sinon vous allez sur un terrain faussement glissant, cher Edouard!

  32.  
    Michel Kinvi
    | 18:49
     

    Merci pour la rectification, KA

  33.  
    guindjan
    | 14:09
     

    C´est aussi mesquin de la part de K.A de ne pas parler des autres esclavagistes bien connus, de l´autre coté de la fontiere, dans son pays d´origine le togo.Quand on sait que de souza est l´instigateur d´un conflit commercial entre deux familles á Aneho pour le controle du commerce cotier.Cette guerre qui a fait des centaines de morts et des exilés a été financée en parti par chacha de souza.

    Ou c´est vous qui aviez oublié de le mentionner ici?

  34.  
    K.A.
    | 16:26
     

    Eh ben,on traite les gens de mesquin sans avoir lu ce qu’ils ont écrit? Curieuse manière de raisonner.

  35.  
    Rafael Lucas (Haïti)
    | 12:59
     

    Ce n’est pas grave si Kangni visait un prix littéraire : on écrit pour être publié, lu et reconnu.L’important est ailleurs. Après des décennies de « légitime défense », il n’est pas scandaleux que certains de nos écrivains revisitent le passé avec un regard non militant sur la responsabilité des collaborateurs locaux, le rôle accblant d’un Félix de Sousa. Nous devons maintenant regarder cette histoire sans en occulter la complexité. Les dictatures qui ont fleuri chez nous nous amènent à une relecture moins militante du passé. C’est courageux de la part de Kangni. Rafael Lucas

  36.  
    K.A.
    | 21:40
     

    Salut Raph, alias Potomitan. Je serai dans tes murs bientôt.
    Fraternellement

  37.  
    Bocco Emmanuel
    | 21:35
     

    Au demeurant, le texte de Kangni, très poli (dans tous les sens), réveille en nous le rêve torturé d’un passé pas si passé que cela. vendu et vendeur, qui sont-ils qui ont de si grand mal à savoir et dépasser cette sombre histoire, l’esclavage aux trois codes noirs en pays arabes, au code colbertien, les codes qui ont pou longtemps creusé le sillon de la servitude.
    maintenant que Kangni en parle si bien, onirisme et vérité d’histoire s’y mêlent, derrière ce plaisir à lie du passé, j’ai voyagé jusq’au présent: il en existe encore qui sont des « é plé vi plé non », « those who add fields to fields », les insatiables, tapis dans la lumière des jours sombres d’aujourd’hui, encore prêts à faire pire…jusqu’à trébucher par ci-devant, la plume de ceux qui savent soigner nos âmes.
    Bravo Kangni.

  38.  
    Bocco Emmanuel
    | 21:38
     

    Au demeurant, le texte de Kangni, très poli (dans tous les sens), réveille en nous le rêve torturé d’un passé pas si passé que cela. vendu et vendeur, qui sont-ils qui ont de si grand mal à savoir et dépasser cette sombre histoire, l’esclavage aux trois codes noirs en pays arabes, au code colbertien, les codes qui ont pou longtemps creusé le sillon de la servitude.
    maintenant que Kangni en parle si bien, onirisme et vérité d’histoire s’y mêlent, derrière ce plaisir à lie du passé, j’ai voyagé jusq’au présent: il en existe encore qui sont des « é plé vi plé non », « those who add fields to fields », les insatiables, tapis dans la lumière des jours sombres d’aujourd’hui, encore prêts à faire pire…jusqu’à trébucher par ci-devant, la plume de ceux qui savent soigner nos âmes.
    Bravo Kangni.

  39.  
    | 3:03
     

    A vous entendre, cher Emmanuel, vous avez eu déjà le bonheur de lire le roman. Bien sûr, c’est une fiction historique, mais vous avez bien fait d’en ramener la portée par rapport à l’actualité. Les « éplé vi plé non », il y en a encore aujourd’hui, aussi bien en Afrique qu’ailleurs.

  40.  
    Yves Chemla
    | 23:51
     

    Très vite. Le roman m’impressionne, tant par la qualité de l’histoire racontée, qui pose de véritables questions, dépassant le niveau des évidences, que par la qualité de la fiction et la grande qualité de sa construction. J’en parlerai le 8 mai à l’émission « Des Goûts et des Couleurs ». C’est à mon sens un texte de repère.
    Très cordialement à toi, cher Florent. Fais moi signe quand tu passes de ce côté du monde.

  41.  
    amelomè
    | 0:04
     

    Bref appercu pour les historiens de ce site.Puisque nous parlons d´esclavage, voilÁ UNE HISTOIRE VRAIE.

    Nous sommes en pleine periode d´esclavage.les esclvagistes ont en un moment donné eu des difficultés a trouver des esclaves dans les regions proches du mono adja.Ceci á cause une interdiction formelle du Roi de tado d´alord de la traite d´esclaves dans ses perimetres.Les blancs et autres esclavagists faisaient des detours pour aller chercher les esclaves au nord.C´est ainsi qu´Un convoi d´esclaves Arriva dans le village Tado-Kpeyi (togo actuel pas loin de tado),un prince avait intercepté ce convoi et les avait racheté aux blancs pour les eparger de l esclavage.Le village Kpeyi avec les descendants de ceux qui sont rachetés par le prince vivent toujour ensemble en harmonie.Les bonnes memoires disent que ces esclaves rachétés par le prince st des **Kablés**.Parmi ces familles se trouve les Tchalla connus ds le moyen mono au sud comme au nord kara.
    Je ne suis pas historien mais toutefois je laisse ici une piste de recherche pour vous les historiens.
    Adandozan n´etait pas seul contre l´esclavage mais aussi ses cousins Rois de Tado.
    merci

  42.  
    K.A.
    | 0:32
     

    Adandozan n’était pas opposé à l’esclavage comme système mais à la traite transatlantique, nuance de taille! Est-ce la même chose pour tes rois de Tado?

  43.  
    | 5:51
     

    Salut Yves Chemla

    Très heureux de te lire sur mon blog. Tu sais très bien à quel point j’apprécie tes analyses. Rendez-vous est donc pris sur radio Notre Dame (100.7) le 8 mai prochain…

  44.  
    | 6:00
     

    Pour notre ami Amélomè,
    Je suis curieux d’en savoir un peu plus sur ses humanistes oubliés par l’Histoire. Peut-être seront-ils réhabilités par la nouvelle génération d’historien. D’ailleurs, les Tchalla ne sont pas qu’au Togo, il y en a aussi au Bénin…Une mine donc à creuser.

  45.  
    Donou
    | 9:58
     

    Pour monsieur AK
    Pouvez vous nous dire la nuance entre l esclavage et traite trans-atlantique?
    Tu veux dire que l esclvage en soi en afrique n´est pas mauvais mais le fait de traverser l´atlantique avec est criminel?

    A lire de pres le recit de amelomé , je pense qu´il parle de la traite transatlantique.Puisqu´il a parlé de blanc esclavagiste, de convoi…..

    je voudrais aussi en savoir plus sur cette histoire.

  46.  
    Anonyme
    | 21:32
     

    Florent,
    C´est une vraie demarche d´un historien.
    je vous remercie pour avoir été attentif à mon histoire contrairement a l´agressivité dont a fait preuve A.K. par ses propos « …. »(Est-ce la même chose pour « TES » rois de Tado?)…sans commentaire.

    Comme vous l´aviez dit ,c´est une mine á creuser.
    je pense que les histoiriens ont ignoré une vraie mine d´or qui est le royaume de tado.L´espace tado aujour´hui dans le moyen mono au Togo a beaucoup de choses a devoiler aux historiens mais faute de visite histographique serieuse on risque de voir disparaitre pour de bon ce tresor au fur et á mesure que les detenteurs d´informations meurent.

    Pour en savoir plus , il faut allez á source et mener des demarches histographiques sur le terrain.

    je connais 2 de ces familles en questions (Tchalla….) qui vivent actuellement á TOHOUN et á lomé et d´autres a Tado-kpeyi.Tout le monde connait les Tchalla a Tohoun .mais chuuuuuuuttt!!
    Comme vous le saviez tres bien ,en parler dans l´entourage est presqu´un tabou , pour ne pas frustrer des gens avec qui on a longtemps vecu, surtout que certaines de ces familles sont devenues aisées, donc la frustration serait encore plus grande.Mais parmi les filles et fils descendants des familles il y a de grands intellectuelles qui peuvent vous etre utiles dans vos demarches.

    A tado , vous y trouverez meme des descendants des mercenaires chef de guerre FON comme les DJAKODJO qui ont combattu au coté de l´armée de certains ROIS ADJA comme celle de Kpoyizou celui lá qui refusa au service secret colonial francais qui lui a rendu visite et lui a demandé de porter main fortepr des suppletifs a l´armée francaise pour la prise du royaume d´Abomey.Ce roi fut deporté a la meme periode que Beyanzin.quel avait étéson sort apres la deportation? où a -il été deporté? a-il survecu? grand mystere!!
    le togo etant une poudriere ,il a d autres occupations de conservation du pouvoir politique qu´historique.

    Cela me fera un reel plaisir de vous voir un jour franchir la frontiere au niveau d aplahoué pour TOHOUN pourquoi pas jusqu´á Tado-kpeyi à la conquete de ses mines historiques.
    merci

  47.  
    amèlomé
    | 21:35
     

    Florent,
    C´est une vraie demarche d´un historien.
    je vous remercie pour avoir été attentif à mon histoire contrairement a l´agressivité dont a fait preuve A.K. par ses propos « …. »(Est-ce la même chose pour « TES » rois de Tado?)…sans commentaire.

    Comme vous l´aviez dit ,c´est une mine á creuser.
    je pense que les histoiriens ont ignoré une vraie mine d´or qui est le royaume de tado.L´espace tado aujour´hui dans le moyen mono au Togo a beaucoup de choses a devoiler aux historiens mais faute de visite histographique serieuse on risque de voir disparaitre pour de bon ce tresor au fur et á mesure que les detenteurs d´informations meurent.

    Pour en savoir plus , il faut allez á source et mener des demarches histographiques sur le terrain.

    je connais 2 de ces familles en questions (Tchalla….) qui vivent actuellement á TOHOUN et á lomé et d´autres a Tado-kpeyi.Tout le monde connait les Tchalla a Tohoun .mais chuuuuuuuttt!!
    Comme vous le saviez tres bien ,en parler dans l´entourage est presqu´un tabou , pour ne pas frustrer des gens avec qui on a longtemps vecu, surtout que certaines de ces familles sont devenues aisées, donc la frustration serait encore plus grande.Mais parmi les filles et fils descendants des familles il y a de grands intellectuelles qui peuvent vous etre utiles dans vos demarches.

    A tado , vous y trouverez meme des descendants des mercenaires chef de guerre FON comme les DJAKODJO qui ont combattu au coté de l´armée de certains ROIS ADJA comme celle de Kpoyizou celui lá qui refusa au service secret colonial francais qui lui a rendu visite et lui a demandé de porter main fortepr des suppletifs a l´armée francaise pour la prise du royaume d´Abomey.Ce roi fut deporté a la meme periode que Beyanzin.quel avait étéson sort apres la deportation? où a -il été deporté? a-il survecu? grand mystere!!
    le togo etant une poudriere ,il a d autres occupations de conservation du pouvoir politique qu´historique.

    Cela me fera un reel plaisir de vous voir un jour franchir la frontiere au niveau d aplahoué pour TOHOUN pourquoi pas jusqu´á Tado-kpeyi à la conquete de ses mines historiques.
    merci

  48.  
    Alex G.
    | 18:28
     

    Bonjour !
    Il y a des phénomènes d’époque qu’il ne faut pas ignorer en situant la responsabilité des uns et des autres. Il y a aussi le fait que l’historien et l’écrivain ne portent pas les mêmes regards sur les choses. L’un est libre de plier la réalité des faits historiques même à ses lubies. Ce n’est pas le cas de l’autre. Je reprochais ailleurs à Florent de « vérifier » certains faits révélés par l’écrivain. Non pas en ceci que ces faits ne doivent pas être vérifiés, mais en en rendant compte, on soustrait le Roman au domaine auquel il doit être confiné : la fiction. quoique le Roman contribue à corriger l’histoire. Le paradoxe n’est ce pas? Les exemples existent. Je suis curieux de connaitre la VRAIE histoire des Tado. De quelle source provient cette version ?

  49.  
    Eloi
    | 0:39
     

    J’irai demander aux historiens et aux TSHALA qui sont au Congo (depuis plusieurs générations), si un brigantin n’a pas fait un détour par là, au hasard. En attendant, cet extrait du PCB:  » (…) Cette époque a été très riche en événements en Afrique en tant que conscience matérialisée de pays autrefois libres puis passés au joug colonial avec des hauts faits d’armes de rois et de reines noyés volontairement dans l’oubli par les esclavagistes et les colonisateurs. Cette histoire doit être réécrite. Des tentatives se font déjà. Mais il nous semble qu’elles n’ont pas encore atteint leurs objectifs. Sait-on par exemple que les impérialistes français ont déporté le roi Kpoyizoun de Tado en même temps que Béhanzin son cousin maternel et que ce roi Kpoyizoun a survécu à son cousin ? Sait-on aujourd’hui qu’une première frontière entre le Togo (colonie allemande) et le Dahomey (colonie française) était constituée par l’arc du fleuve Mono allant approximativement de Kpoba à Kpèkplèmè et que la partie en deçà de cet arc à l’Est initialement au Dahomey (Bénin) aura été cédée à l’Allemagne en 1912 avec en contrepartie la région de Boukombé pour la colonie française ? Sait-on qu’aujourd’hui, on compte environ 500.000 (cinq cents mille) Adja au Togo et environ 600.000 (six cents mille) au Bénin avec Tado comme Centre dont l’extension culturelle allait autrefois à l’Est jusqu’au fleuve Ogoun au Nigeria et peut-être au-delà, au Nord en région Maxi à Savalou, Ouèssè, à l’Ouest jusqu’au fleuve Sassandra, tout le long de l’Océan Atlantique, dans la forêt équatoriale et peut-être jusqu’à la frontière entre le Liberia et la Côte d’Ivoire ? (Cf. « Les langages de l’humanité » de Michel Malherbe, Editions Seghers et Robert Laffont S.A.,Paris 1983 et 1995, p.826, 1er alinéa) ».

    PCB, Cotonou, juin 2008.

  50.  
    Vigi
    | 1:22
     

    Un contact pour les éventuelles recherches et archives: DE ALMEIDA MENDES Antonio

    Statut :

    Post-doctorant. Sujet de recherche : Traite négrière atlantique et esclavage en Péninsule ibérique : expériences historiques comparées et héritages culturels, économiques et sociaux (XVe-XVIIe siècles)

    Membre du Bureau du CIRESC – EHESS (Paris)

    Chercheur intégré au Centro de Historia de Além-Mar (CHAM-Lisbonne)

    Membre du comité de rédaction de la revue Anais de Além Mar

    Co-organisateur avec Jean-Michel Deveau et Salah Trabelsi du séminaire mensuel « Les Traites : XVe-XXe siècles »

    Contact : amendes@9online.fr

    Recherches actuelles

    1- L’étude des connexions commerciales négrières entre Europe, Afrique et Amérique à l’époque moderne
    2- Le rôle des agents portugais du trafic négrier (européens, africains, juifs, conversos, musulmans)
    3- Les réseaux commerciaux entre Lisbonne, Séville, les comptoirs de l’Afrique occidentale (Arguin, Santiago, São Tomé, Cacheu, Bénin) et de l’Amérique espagnole (Carthagène et Vera Cruz)
    4- La mobilité et la trajectoire des agents commerciaux mais aussi des esclaves et des descendants des esclaves africains dans les sociétés ibériques d’Ancien Régime
    5- Le trafic négrier entre Afrique et Europe à l’époque moderne (XVe-XVIIe siècles)

    Parcours de recherche

    Du point de vue scientifique, ma recherche s’inscrit dans l’Histoire de l’Expansion Atlantique, l’Histoire Coloniale et l’Histoire d’Afrique. Initialement je me suis consacré à l’Histoire de l’Afrique Occidentale (Guinée et Cap-Vert) et, depuis quelques années, je m’intéresse à l’Histoire de la traite négrière atlantique et à l’esclavage dans la Péninsule Ibérique.

    En avril 2007, j’ai soutenu à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (Paris) une thèse de doctorat sous la direction de Bernard Vincent. A partir du dépouillement exhaustif des archives portugaises et espagnoles, de dizaines de milliers de documents manuscrits, j’ai reconstruit les volumes du trafic, l’origine ethnique des esclaves, le rôle des acteurs européens et africains et le fonctionnement des réseaux commerciaux entre les centres économiques européens et africains, etc. aux XVe-XVIIe siècles.

    Cette thèse a reçu le Premier Prix du Comité pour la Mémoire de l’esclavage en 2007. La publication en français de cette thèse est prévue pour le début de l’année 2009 aux Editions Chandeigne et en 2010 dans une version portugaise.

    Bibliographie
    Ouvrages

    2009 : La traite portugaise en Méditerranée et dans l’Atlantique, XVe-XVIIe siècles, Paris, éditions Chandeigne (sous presse).

    Articles et Chapitres d’ouvrages

    “Redes negreras ibéricas en el Atlántico”, in El Império hispano-portugués de Ultramar (1580-1668 (sous la dir. de Carlos Martinez Shaw et José Antonio Martinez Torres), Madrid, ediciones Polifemo, 2009.

    “Negros e mestiços em Portugal e na África portuguesa”, in Dossier Imagens : Escravidão, Mestiçagens (sous la dir. de Eduado França Paiva), Minas Gerais, septembre 2009 (en préparation).

    « Lisbonne l’Africaine, Lisbonne la métisse », Regards croisés : Europe, Afrique, Amériques, Paris, éditions Cercle d’Art, 2009.

    “Child Slaves in the Early North Atlantic Trade (XV-XVI centuries)”, in Children in Slavery : A Global History, Vol. 1, Children and Slavery Through the Ages, sous la dir. de Suzane Miers et Joseph Miller, 2009.

    “Les réseaux de la traite ibérique dans l’Atlantique nord. Aux origines de la traite atlantique (1440-1640)”, Les Annales. Histoire, Sciences sociales, n° 4, juillet-août 2008, pp. 739-768.

    “Africaines esclaves au Portugal : dynamiques d’exclusion, d’intégration et d’assimilation à l’époque moderne (XVe-XVIe siècles)”, in “Visions/versions of Africa in Europe during the Renaissance and Reformation ?” (éd. K .J. P. Lowe), Renaissance and Reformation, 2008, pp. 43-63.

    “A bord des Négriers”, A propos de Marcus Rediker, The Slave Ship. A Human History, La Revue Internationale des Livres, n° 4, avril 2008, pp. 30-33.

    “The Foundations of the System : A Reassessment of the Slave Trade to the Spanish Americas in the Sixteenth and Seventeenth Centuries”, in Extending the Frontiers : Essays on the New Transatlantic Slave Trade Database (sous la dir. de David Eltis et David Richardson), Yale University Press, 2008, pp. 63-94.

    “L’esclavage et la traite dans le cadre de l’Occident moderne”, Les Africains et leurs descendants en Europe avant le XXe siècle, 2008, Toulouse, Maison de l’Afrique à Toulouse, 2008, pp. 199-219.

    “Traite des Maures-Traite des Noirs ou les visages de l’esclavage au Portugal (XVe-XVIe siècles)”, in Trabalho forçado africano. Experiências coloniais comparadas, Porto, Campo das Letras, 2006, pp. 13-30.

    “Eléments pour une histoire socio-économique de la ‛Guinée du Cap-Vert’ aux XVe-XVIIe siècles”, in Actes du Colloque international “Le Portugal et l’Espagne dans leurs rapports avec les Afriques continentale et insulaire”, Université de Rennes 2, 2005, pp. 229-239.

    “Traites ibériques entre Méditerranée et Atlantique (1450-1550)”, Anais de História de Além-mar, n° VI, 2005, pp. 351-387.

    “Portugal e o tráfico de escravos na primeira metade do século XVI”, Studia Africana, n° 7, Porto, janvier-février 2004, pp. 13-30.

    “Le rôle de l’inquisition en Guinée : viscissitudes des présences juives sur la Petite Côte (XVe-XVIIe siècles)”, Revista Lusófona de Ciência das Religiões, n° 5-6, Lisbonne, 2004, pp. 137-155.

    “Uma contribuição para a história da escravatura no Benim : o livro de armação do navio São João (1526)”, Studia Africana, n° 5, Porto, 2002, pp. 27-47.

    Comptes-rendus

    “Histoires d’esclaves dans la Péninsule ibérique” d’Alessandro Stella, Anais de História de Além Mar, n° 2, 2002, pp. 466-468.

    “O Negro no coração do Império” de Didier Lahon, Penélope – Revista de História e Ciências Sociais, n° 25, 2002, pp. 177-179.

    “Galinha d’Angola : iniciação e identidade na cultura afro-brasileira” d’Arno Vogel, Marco António da Silva Mello et José Flávio Pessoa de Barros, Cahiers d’études africaines, avril 2002, pp. 196-198.

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