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Erick-Christian AHOUNOU: les rondeurs sont des poèmes

Posté le 27 août 2008

 

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Erick-Christian Ahounou aime les femmes. Il les aime surtout dans leur plus simple plumage. Son objectif de photographe, quand il les fige dans les multiples poses de son studio de Cotonou et de Bamako, ne se contente pas de les arracher de l’anonymat. Il s’attache à restituer toutes leurs splendeurs dans des courbes pudiques, dans l’abandon d’un geste dédié à l’invite amoureuse, dans la négligence calculée de la distraction, ou encore dans la coquetterie d’une séduction programmée.

 La première fois qu’il s’est risqué à ce jeu, c’était en 1999, dans un centre culturel de Cotonou, la Médiathèque des Diasporas. Son exposition « l’érotisme du regard » s’invitait dans les habitudes pantouflardes des Béninois. Une trentaine de clichés de nu féminin, un peu dans la tradition du photographe allemand Uwe Omer. Erick guettait la réaction des visiteurs avec appréhension, persuadé qu’ils allaient lui lancer au visage des réactions indignées. A-t-on idée, dieu des ancêtres, d’offrir des parties sensées faire le bonheur des maris, au regard du monde? Quelle envie veut-on inspirer aux époux vertueux qui ne sourcillent jamais devant les tentations? Ne faudrait-il pas cacher ces seins aux auréoles délicieuses, ces ventres picorés de poils fins, ces fesses aux ondoiements élastiques qu’on ne saurait voir?

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Et pourtant, ce furent des remerciements, des élans enthousiastes que le public déploya pour couvrir le photographe.  Le public des femmes surtout, heureuses qu’on leur rende ainsi hommage. Car, ce fut, avant tout, une démarche d’esthète: la femme noire prise dans les angles les plus féminins, dans les postures les plus sensuelles, sans provocation, ni voyeurisme. La femme belle inscrite dans les coulisses du temps, dans le paysage de l’éternité, Eve noire parée des seuls vestiges qui ont fait son intemporalité: sa beauté naturelle.

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Depuis, l’exposition a fait du chemin.

Ce qui est remarquable ici, c’est que le photographe a su capter ce qui, dans l’imagerie collective, définit les canons de la femme africaine, de la femme noire, telle que les hommes, leurs compagnons, aimerent les célébrer: des rondeurs vives, bondissantes, épicées, mises en relief par leurs cambrures naturelles, un creux, paraît-il, provoqué dès le bas-âge par les mamans lors des bains. Un creux pratiqué entre la taille et la naissance des fesses, ce qui accentue l’évasement des hanches, amplifie la culotte de cheval, redimensionne le volume des fesses. Car, on les aime gros et ronds ici, les postérieurs. Une femme que la nature a négligée en ne lui offrant que  juste de quoi s’asseoir, constitue une curiosité. Pour elle, les jeunes du quartier ont des quolibets garantis:  »serpent qui n’a pas de fesse ».

Revenons à notre artiste. Pour parvenir à un tel résulat, Erick-Christian Ahounou a dû d’abord choisir et convaincre ses modèles: de jeunes femmes inconnues, croisées dans la rue, dans les marchés, dans une boutique qu’un regard, un clin d’oeil a permis de repérer. Bien sûr, elles ne bondissent pas sur la proposition. D’autant qu’aucun pécule, en retour, n’est brandi pour récompenser leur courage. Ce sont des modèles bénévoles, qui, au-delà de leur accord de principe, doivent en convaincre leurs familles, encore plus leurs fiancés. On devine bien la réticence des proches et la résistance  ferme et bétonnée des chéris. Mais le photographe trouve, à chaque fois, la parade: au moemnt des poses, il offre aux modèles l’anonymat, en masquant leurs visages, en les détournant de l’objectif, ou au mieux, en les dissolvant dans le noir. Le noir et le blanc, thème fétiche du photographe, tout le contraire d’un Uwe Omer plutôt installé dans les couleurs.

Le noir permet d’accuser les lignes de contraste; il met en évidence les courbes, remplit les sinuosités, amplifie les cambrures. Plus vivant que les couleurs, il provoque les interrogations, entretient le mystère: le mystère justement, la part d’ombre qui définit la femme et par conséquent, sa beauté.

C’est cela, la marque du photographe: nous donner à saliver et à rêver, comme le font les femmes, comme elles l’ont toujours fait, d’hier à aujourd’hui. D’aujourd’hui à l’éternité.

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8 commentaires pour « Erick-Christian AHOUNOU: les rondeurs sont des poèmes »

  1.  
    Jesus
    | 14:14
     

    Oui, des rondeurs à célébrer suelement avec les yeux? Ou juste vous donner l’envie d’aller fouiller les documents pornos?

  2.  
    Gérard
    | 16:04
     

    Dommage, on aimerait pouvoir les avoir en chair et en os au lieu de les contempler seulement sur papier glacé.

  3.  
    Zevounou
    | 12:27
     

    Florent, c’est pas manque de sujet que tu nous balances des fesses sur la tronche? BOn, les rondeurs, ça n’est pas de refus, mais…quand même!

  4.  
    | 17:31
     

    Ce n’est pas un sujet léger, mon cher ami Zevounou, puisqu’il est developpé dans cet article une réflexion sur l’art photographique d’un esthete de l’objectif, ET CEST AUSSI IMPORTANT QUE TOUT SUJET GRAVE

  5.  
    Kolawolé
    | 13:09
     

    Monsieur Zotti, je loue votre démarche novatrice. La promotion de nos arts et cultures doit participer, au même titre, que l’émergence d’une économie nouvelle et prospère, à des sessions de vulgarisation grand public comme celui là. Je vous sais gré de cette démarche. Je me complais à célébrer en occident les photos d’Anne Lebowitcz(entre autre), je n’aurais plus de raisons de dire qu’à part Malick Sidibé, je ne connais pas de grands photographes contemporains africains. Merci de combler mes lacunes.

  6.  
    Patrice
    | 18:59
     

    Ces courbes-là représentent ce que nous avons de plus cher et plus précieux.En plus,je trouve que nos femmes africaines doivent être heureuses de leur corps que le Blanc a si souvent adoré et violé même s’il lui a aussi nié toute reconnaissance publique.Gardons-nous toutefois de toute occidentalisation à outrance de nos femmes.La femme en Afrique,c’est le symbole sacré de la vie et de l’humanité.Je préfère la femme vêtue que dévêtue.Qu’elle nous arrose de ce charme-là et de cet amour-là dont seule elle a le secret.Que jamais ne se reproduisent les scènes horribles et dégradantes de viol des femmes noires que nous ont rapporté l’histoire de la traite négrière et des guerres modernes en Afrique et ailleurs.
    Femme africaine,je t’adore pour ton humanité ! Je t’aime bien pour tes pourtours et tes courbes ensorcelantes !
    Pat

  7.  
    Léa
    | 16:44
     

    jaii un poeme a faiire sur la coquetterie, sa commence comme sa:: C’est une chose très importante Dont elles y pretent tres attention ce qui les rends ossi charmante et jaii plus didé aiidé stp merci davance

  8.  
    brunyck BONOU
    | 23:24
     

    tout juste les félicitations d’un de vos anciens élèves du complexe scolaire de la cité pour vos livres et tout ce que vous faites pour l’art en général au Bénin; amicalement

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