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Poulet-bicyclette et cie ou dix façons de cuisiner les embrouilles

Posté le 6 mai 2008

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Pour les amis qui me posent des questions sur mon dernier livre, Poulet-bicyclette et cie, je voudrais me risquer à un exercice délicat, celui d’en parler dans ce blog. C’est vrai qu’il est toujours difficile, lorsqu’il s’agit de soi, de prendre du recul ou de paraître objectif.

Mais pour la circonstance, je me limiterai au commentaire qu’en a fait l’éditeur à la quatrième de couverture et de quelques extraits des nouvelles issues de ce recueil. Car il s’agit de dix textes de longueur inégale, « dix nouvelles où la magie du style baroque de Couao-Zotti donne forme tourbillonnante à la vie, nous entraîne au coeur du peuple grouillant des zones frontières, hommes, femmes en marge de tout et dont l’auteur nous fait partager les fabuleux et diaboliques lambeaux d’humanité. Réalisme étourdissant, vertiges, paniques: quand les mises au ban de la société deviennent des héroines qui font, en franchissant les bornes, courir les enfants blessés et trembler les étoiles»  (NDE)

Extraits: 

« Qu’ils racontent que je suis une espèce de roulotte? Que je suis cabossé de la carrosserie, échancré du nez, porté et relié à bout de bras par des morceaux de fils de fer ? « Voiture de deuxième main », disent les pudiques. « Déglingue d’occasion », avancent d’autres. « Métal rapiécé » rigolent les plus facétieux.  Traduction libre : ferraille cousue, raccommodée, rabotée. Avec arnaque et cie, exactement comme dans les trafics de la même soupe.  C’est mon destin depuis toujours ; destin de vieille carcasse, depuis que j’ai été arraché du cimetière des voitures, quelque part en Belgique, à Trifouillis les Indes, depuis que j’ai été bradé à des commerçants africains amateurs de teufs-teufs, depuis qu’on m’a transporté sur bateau et que j’ai atterri ici, sous la fièvre d’un soleil humide et poisseux.  Ici : ville de bord de mer, cité où l’embrun marin sait mordre dans le métal, cloaque d’un million de bouches aux ambitions carnassières, virgule d’Afrique où l’on aime arborer les vieilles déglingues de l’Europe baptisées « Venues de France ».             

                                                                         Extraits de Métal rapiécé

« L’enfant arriva. 

La baraque de Mamy Lolo, percluse comme un blessé de guerre, arborait sur ses quatre côtés tôle, bois, carton, métal, tout ce qu’on peut trouver sur une décharge publique. Devant, un manguier au tronc duquel pendait l’enseigne « Kpayo deux tours ». Et l’odeur d’essence qui asphyxiait les narines, cette impression d’huile et de lourdeur qui flottait partout. Le petit rôtissier jeta l’œil dans le voisinage pour voir apparaître la silhouette de Face d’ananas. Il pensait qu’il surgirait de la brousse ou de derrière la baraque. Mauvaise prédiction : l’homme vint plutôt de haut. De l’arbre. Il glissa d’une branche du manguier et atterrit brutalement devant l’enfant. Le plateau de tcha-tchanga faillit tomber. Sans attendre, l’homme fit courir son regard sur l’étal. Il compta le nombre de poulets. Une colère, grosse comme un pet d’éléphant, le fit exploser. 

-Qu’as-tu fait des quatre autres volailles ? dégaina-t-il. 

Le petit rôtissier n’eut même pas le temps de répondre. Une claque sonore retentit dans ses oreilles. Il pivota de la tête en même temps que le plateau qui tomba. Les quatre poulets s’éparpillèrent dans le sable. L’homme en prit un et en fouilla l’intérieur. 

-A qui t’as fourgué ma marchandise, hein? Où sont mes sachets ? 

Un autre coup. L’enfant sentit sa mâchoire claquer. 

-Parle, mais parle ! -Pi…pitié, m’sieur, soupira-t-il enfin. J’ai… pas fait exprès, je… vous jure. On…m’a volé ! -

-On t’a…? 

Le rire de Face d’ananas fut violent. De ses lèvres, tomba un long cracha. L’enfant le reçut en pleine face, entre les deux yeux. » 

                            Extraits de Poulet-bicyclette et cie 

35 commentaires pour « Poulet-bicyclette et cie ou dix façons de cuisiner les embrouilles »

  1.  
    Césaire
    | 18:32
     

    Toujours cette écriture colorée que j’admire ! Je suis impatient de me plonger dans ce livre. Félicitations

  2.  
    Aurélie
    | 13:25
     

    Ouais, on s’attendait plus ou moins à ça. En tout cas, ça nous donne envie d’en savoir plus. J’ai couru dans les librairies et on m’a dit que c’est en commande. Vivement que ça arrive!

  3.  
    Sergio
    | 13:29
     

    Le poulet-bicyclette, si je m’en tiens à l’extrait, serait cette volaille que le jeune garçon a transformé en barbecue…Et pourquoi « cie »?

  4.  
    Melchio
    | 14:52
     

    J’ai toujours été un admirateur des phrasés de Florent Couao-Zotti. « Une colère, grosse comme un pet d’éléphant, le fit exploser », dit-il. Plus haut « que je suis échancré du nez, cabossé de la carosserie et tenu à bout de bras, par des morceaux de fils de fer »… De la bonne et rafraîchissante littérature!

  5.  
    Luciole
    | 15:00
     

    J’ai lu avec appétit l’homme dit fou et la mauvaise foi des hommes, le premire livre avec lequel j’ai été en contact, pour la première fois avec Florent Couao-Zotti. J’espère que Poulet-bicyclette et cie sera de la même qualité. Et à en lire les extraits, je suis persuadé que j’aurai le même plaisir. A moins que ça ne soit une annonce sans effet, comme les bandes-annonces des films français savent bien le faire

  6.  
    Assomption B. L.
    | 14:15
     

    Sur le site de la FNAC, j’ai lu des articles de certains internautes sur le livre. Pas mal. Et les extraits ci-dessus semblent aller dans ce sens…

  7.  
    Atihou JB.
    | 14:21
     

    Mon cher Florent,
    Tu as parlé de 10 nouvelles, mais tu n’as fait que des extraits de deux. Certes, il serait difficile, dans un blog, de présenter quelques lignes des dix textes, mais si on peut avoir une vue d’ensemble du recueil, ce serait intéressant…Et puis, questions: quels sont les sujets que tu traites dans ce recueil? Sont-ils différents de ceux que tu as l’habitude de développer?

  8.  
    Victor Hounsinou-Kapko
    | 14:41
     

    J’ai noté le titre du livre et les commentaires. Mais moi, je vais reconduire les questions que Atihou JB vient de poser: quels sont les thèmes que le recueil aborde dans l’ensemble? Juste les plus récurrents?

  9.  
    K.A.
    | 10:35
     

    Thème récurrent absent du recueil: le poulet-bicyclette. Pourquoi diable ce titre, référence culinaire burkinabé pour des histoires cuisinées dans le Golfe de Guinée? Personnellement, le titre melaisse froid. mais j’ai tout, j’ai déjà tout lu. Exquis!

  10.  
    | 20:26
     

    Poulet-bicyclette? Parce qu’il s’agit d’histoires de barbecue mal négocié, de voitures qui prennent feu, d’opulentes poitrines de femmes qui se crament, de destins qui s’enflamment. A l’exemple des poulets-bicyclette, ces volailles élevées au sol dans les quartiers populaires des villes africaines et derrière lesquels on court pendant quatre-vingt kilomètres avant de les capturer et de les transformer justement… en poulets braisés !!!
    Dans ses dix textes, il y a de tout, mais ce qui est récurrent, c’est le rapport de la mère ou du père à l’enfant. Toutes les incertitudes, tous les drames liés à l’amour filial refusé ou quêté, l’amour absent ou tyranique, le poids des traditions, les présuppositions sur les enfants dits sorciers, ect….Un panorama des destins de voix marginales qui tentent d’échapper à ce que j’appellerai « le tragique de l’ordinaire ».

  11.  
    Roger SIDOKPOHOU
    | 21:02
     

    Ah Florent !
    En quelques phrases qui valent largement une quatrième de couverture , tu auras donné l´envie de se mettre à table pour dévorer ton livre .
    Il n´est pas encore en librairie ici à l´autre bout de l´Atlantique , mais je vais actionner mon réseau pour me le faire parvenir et satisfaire ma faim .
    En attendant , bravo et bon vent au Poulet !

  12.  
    Alceny B
    | 22:05
     

    Content de retrouver dans ce recueil la langue de Zotti: belle, poétique et d’une rare inventivité. Comme si Korouma, Sassine et Tansi s’étaient donné rendez-vous sous la plume de Zotti. La langue de Zotti est unique. Vivement que l’on puisse dévorerer ce « poulet-bicyclette ».

  13.  
    Fifavi
    | 21:23
     

    J’ai bien reçu ma dose de rire et d’explosion.
    Florent Couao-Zotti, la force d’une narration scandée…

  14.  
    Anhoum R.
    | 19:04
     

    Belle entrée en matière ou appétissante mise en bouche de ce poulet-bicyclette. En tout cas, à Marseille d’où j’écris ce texte, j’avoue, passée cette mise en bouche, avoir littéralement gobé les autres parties du poulet. Que ce soit avec Enfant siège, enfant sorcier; sortir de la nuit (poignant), le retour du mort et surtout – et c’est mon texte préféré – Brèves de mur. Une imagination débordante, et une écriture à la fois décalée et mordante! Chapeau!

  15.  
    Luciole
    | 19:22
     

    En attendant de lire le livre en entier, j’aimerais que monsieur Zotti nous donne encore à lire d’autres extraits, surtout ce « Brèves de mur  » qui revient à chaque fois dans les commentaires…

  16.  
    Zevounou G.
    | 13:05
     

    excuse-zmoi de jeter un coup de pied dans la formillière. Je me pose mille et une questions quand j’entends les gens s’extasier devant l’écriture de Couao-Zotti: est-ce qu’on ne s’est pas rendu compte que c’est ce que les blancs aiment qu’il fait? ILs sont nombreux dans ce cas à faire de la littérature exotique qu’affectionnent particulièrement les Européens alors que chez eux-mêmes, ils ont du mal à faire recette …Je discutais avec un ami la dernière fois et il m’a fait observer que, passée la mode, tous ces auteurs dits de la nouvelle génération, se relèveront difficilement.

  17.  
    Alceny B
    | 12:46
     

    Cher Zevounou!
    Si ce que vous affirmez est vrai, alors pauvre Florent, quel mauvais tireur. Visez un public de Blancs et toucher la Négraille en plein dans le mille. Moi, je suis noir et africain et les oeuvres de Zotti me plaisent. Je m’y retrouve.

    Plus sérieusement, vous pouvez un problème qui est sérieux, celui du public de l’écrivain africain. Mais on ne saurait incrimer les auteurs du fait que les maisons de publication soient au Nord, le lectorat au Nord, la critique au Nord et les auteurs mêmes sont contraints de s’exilés s’ils veulent vivre de leur plume. La posture de l’écrivain est difficile dans ces conditions. Comment écrire pour ses congénaires qui ne savent pas lire et qui se battent pour survivre: le livre devient un luxe.

    Il faut articuler la réflexion autour de ces problèmes et voir comment rendre l’écrivain à son peuple et créer les condition d’existence d’une littérature vraiment africaine pour un public africain. En attendant, aidons les auteurs qui se battent pour exister sur le continent (Florent vit au Benin tandis que la plupart des auteurs ont filé à Bako et rejettent l’épithète « africains »; se considérant écrivains tout court ) et ne leur faisons pas de faux procès. Amicalement

  18.  
    Zevounou
    | 20:36
     

    Vous jouez bien votre rôle de défenseur du label Couao Zotti, monsieur (?) Alceny Barry. C’est votre droit. Et c’est aussi mon droit de vous faire observer que l’argument de l’inexistence en Afrique de maisons d’édition dignes de ce nom, est éculé. Non, soyons sérieux. Il y a quarante ans, on dévéloppait déjà des thèses du genre. Mieux, on disait qu’il fallait, pour exister et dire au blanc, ses fureurs et ses colères, investir ses espaces de publication et faire paraitre des livres. C’est ce qu’ont fait les poètes de la Négritude et leurs épigones. Et depuis lors?
    Vous avez raison: Couao-Zotti est l’un des rares auteurs qui, tout en vivant en Afrique, publie en Europe avec presque la même visibilité que les autres. Et c’est là ma question: n’est-ce pas en voulant séduire l’électorat blanc, donc son public naturel, que Gallimard l’a publié? Et quand je dis littérature exotique, je sais de quoi je parle…
    Je ne dis pas que Couao-Zotti n’est pas un auteur talentueux, loin de moi cette hérésie…Mais je suis certain que s’il publiait localement, donc s’il visait son propre public africain, pour sûr qu’il écrirait autrement et sa force serait justement d’être plus authentique. Ceci vaut également pour les autres auteurs, qu’ils soient SAMMY TCHAK, NIMROD, WABERI, MABANCKOU et j’en passe…ET c’est d’ailleurs pour ça j’ai aimé votre expression « rendre l’écrivain à son peuple »….

  19.  
    Atihou JB
    | 21:04
     

    Le débat soulevé par Zèvounou ne manque pas d’intérêt. Mais je crois qu’il ne doit pas être circoncrit à Couao-Zotti, notre icône nationale tout court. ça concerne les créateurs africains en général et ça pose le problème de la consommation des oeuvres produites par nos frères. C’est hélas! l’Europe qui dispose des infrastructures, qui dispose de l’argent pour acheter les oeuvres et les commercialiser. Après le pillage des ressources naturelles du continent, le pillage de ses cerveaux, c’est aujourd’hui le tour de ses créateurs…Le monde est bien vieux!

  20.  
    Alceny B
    | 12:54
     

    Je suis d’accord avec Mr Zevounou que si Zotti ou tout les autres romanciers écrivaient pour un public circonscrit à leur pays, cela afecterait leur écriture. Mais je ne pense pas que ce soit avec joie qu’un auteur africain publie à Gallimard. Parce que la collection « continents noirs » est un ghetto qui circonscrit le lectorat de ces auteurs à quelques africanistes et à la diaspora. Et puis quand Jean-Noel Schifano, le directeur de cette collection dit qu’il publie des auteurs dont l’écriture mèle « la langue de Sévigné et des couilles de nègre », je ne pense pas que cette définition plaise aux auteurs publiés. Mais ont-ils le choix? Je ne le pense pas.Je suis convaincu que si localement les auteurs pouvaient exister, ils n’iraient pas ailleurs. Les écrivains comme les politiques sont dépendant du Nord. Il serait intéressé de proposer des pistes pour rompre ce tropisme.

  21.  
    Aurélie
    | 19:32
     

    ça fait longtemps qu’on dit que « continents noirs  » est un ghetto, mais cela it, c’est toujours Gallimard, avec tout ce qu’il y a de plus prestigieux. Si je me réfère à tous les éditeurs qui n’ont pas de collection « afrique » ou « noir », je doute fort qu’ils aient publié autant de titres d’auteurs africains que Gallimard en si peu de temps…C’est un mérite. Alors, collection ghetto, cessons de dire de telles énormités…

  22.  
    Luciole
    | 19:40
     

    Je renouvelle ma demande : peut-on avoir des extraits de « Brèves de mur », la nouvelle dont plusieurs personnes ont déjà parlé?

  23.  
    Maggie
    | 21:28
     

    Moi je viens de lire le recueil. Acheté comme tous les livres de Couao-Zotti à la FNAC. C’est vrai que j’y ai retrouvé la magie de l’écriture que l’auteur nous avait magnifiquement servie dans Notre pain, L’Homme dit fou et, acessoirement dans Les Fantômes du Brésil. On parle ici de « Brèves de mur », mais je trouve plus fort et mieux construit le texte de Barbecue blues…Avec cet enfant qui porte sur sa tête un étal d’agouti rempli de drogue qu’un traficant lui avait confié pour la traversée de la frontière, mais un étal qui disparît au moment où le « rôtissier » – c’est le nom que l’auteur lui donne – a eu envie de boire un coup. Dès lors, commence une course poursuite dans la zone frontalière qui se terminera par l’intervention des forces de l’ordre. Beaucoup de réalisme, mais également une bonne dose de délire…
    Merci Couao-Zotti!

  24.  
    fifavi
    | 22:35
     

    Florent n’a pas une écriture exotique.
    je n’y vois rien d’exotique. Rien.
    Que celui qui parle d’exotisme me doigte des passages exotiques.
    Je veux du concret, Des exemples d’exotismes précis dans l’oeuvre couaozotienne.

    Bien au contraire, je trouve que cette oeuvre courcicuite la réalité poignante de nos murs, d’une façon si exacerbée, que je ne pourrai que me retrouver ici en lisant cette oeuvre…

    L’oeuvre couaozottienne, si réelle, et d’une si poétique réalisme qu’elle exorcise tout fantome d’exotime…

    Cher ami, je ne crois vraiment pas que l’oeuvre couazottienne, si « noire » appelle des lectures « blanche » …

    Dites-moi le contraire, mais prouvez-le !

  25.  
    Ted
    | 14:13
     

    Je ne peux que te féliciter, Florent. Il me tarde de le lire, ou si tu veux, de dévorer les poulets. Pourvu que leurs os n’aient rien à voir avec les cadres des bicyclettes. Souhaite-moi un bon appétit j’ai que j’aurai le livre dans mon plat.

  26.  
    Léandre
    | 19:51
     

    J’espère que tu vas nous éviter de faire ton lancement au CCF. On a suffisamment soupé des français!!!

  27.  
    | 20:13
     

    Merci pour vos réflexions et j’espère que la lecture intégrale du recueil vous donnera le même plaisir.

  28.  
    Christelle
    | 11:48
     

    Pourquoi les livres ainsi annoncés ne sont pas immédiatement disponibles chez nous en librairie? Toujours les mêmes problèmes!

  29.  
    Lafia
    | 11:51
     

    Je vis à Rennes où je viens de parcourir votre recueil et une question me vient à l’esprit: tous les textes du livre sont-ils inédits? Me semble avoir déjà lu quelques uns d’entre eux dans d’autres ouvrages collectifs. Ou alors je me trompe?

  30.  
    Alceny
    | 18:09
     

    Il nous tarde de lire un nouveau papier de FCZ sur ce blog. Que se passe-t-il?

  31.  
    adelaide fassinou
    | 19:30
     

    J’ai lu avec beaucoup de plaisir les commentaires des uns et des autres sur le new book… Félicitations; écriture exotique, écriture réaliste, africaniste ou tropicalisée je sais pas moi, pas facile d’accoucher un bouquin. Et moi qui suis auteur reconnue dans les quatres murs de mon Bénin natal qui aspire à sortir du ghetto natal,je sais de quoi je parle. Peut-être parce que je n’écris pas à la sauce exotique; mais là n’est pas le problème. C’est une affaire de sensibilité, d’émotion à transmettre, d’histoire à inventer ensemble en compagnie du lecteur. Et Couao a ses lecteurs au sud comme au nord…qui aiment ceq u’il fait et l’accomapgnent…Il faut aider lécrivain à se tenir debout; pas l’encenser pour un oui ou un non. mais j’avoue que si c’était à refaire, je préfèrerais aller vendre des cacahuètes…Je vois les froncements de sourcils de mon observatoire! Et alors suis libre d’exprimer mon coup de gueule. Pendant qu’on y est à vos plumes chers amis…Pour le moment, on nous compte sur le bout des dix doigts de la main…J’entends encore les amis me demander: » comment tu fais »quoi? Mais pour écrire autant? Tu ne fais rien d’autre? Ca nourrit son homme, »ça »! Non, mais on écrit parce qu’on aime, « ça »! Bravo Florent! Continue d’aimer ça et écris comme tu le sens…

  32.  
    | 14:32
     

    Salut Dédé!
    Très belle intervention. C’est vrai que les gens s’embarrassent toujours de savoir à qui vous vous adressez en premier lorsque vous écrivez un texte, c’est à la fin agaçant…Parce qu’on a adopté une langue d’emprunt, qu’on publie ailleurs que chez soi, qu’on a une reconnaissance internationale, on vous trouve suspect et on vous pose des questions suspectes, comme si le fait d’être africain est fondamentalement différent du fait d’être homme. Parfois les journalistes blancs, clichétisés par la culture du nihilisme sur l’Afrique, ne sont capables que de vous barber avec ces éternelles interoogations malheureusement à la périphérique de l’intelligence. « Quand vous écrivez, demandent-ils entre autres, vous pensez d’abord en français? » On a envie de répondre « et ta mère! » Mais il faut parfois assumer son destin d’écrivain africain, donc d’écrivain bizzare à leurs yeux.

    Merci pour ton mot.

  33.  
    Mathias
    | 20:08
     

    Il est temps de régénérer ton blog, Florent; ça vieilit!

  34.  
    LOKOSSOU
    | 12:28
     

    Ben bon
    Je suis enfin là sur ce blog où tout semble baigner dans la lumière des mots . J’aimerais bien entrer en possession de ce poulet afin de contrôler ses saveurs. Où ? Comment ? Quelle librairie ?
    JLOK

  35.  
    manamba
    | 15:11
     

    Pourquoi il n’y a que les écrivains africains qui doivent supporter ces interissables debats sur « le public cible » ? Je comprends tout à fait la reaction de FCZ plus haut.

    Moi, lecteur, je cherche chez un auteur (ou musicien ou peintre ou artiste de toute nature) une demarche artistique, une interrogation, une remise en question du soi ou du monde.
    La langue d’expression, l’editeur, les prix litteraires gagnés ou non, l’avis des critiques, je m’en tape. J’ai besoin de voir si un auteur est un artiste ou si c’est un ouvrier.
    A mes yeux, M. Couao-Zotti a déjà demontré d’être un artiste, et un trés bon.
    Je m’apprête à lire « Poulet-bicyclette ».

    cordialement
    manamba

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