2007, Des arts et des trophées

Posté le 12 janvier 2008

 

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Angélique Kidjo

L’hebdomadaire Jeune Afrique a publié, dans son double numéro de fin d’année, 2450-2451 un panorama des cent personalités africaines ayant marqué l’année 2007. L’étude concerne toutes les disciplines. Politique. Héritage. Finances. Culture. Sport.

Bien sûr, cette enquête, comme toute autre, est loin d’être consensuelle. Ceux qui pensent qu’ils doivent y figurer la contesteront assurément. Ceux qui y figurent penseront que leur place est entièrement méritée. C’est comme un sondage d’opinion sur les hommes politiques: quand il leur est désagréable, ils en miniminisent la portée, mais lorsqu’ il leur fait une bonne place, ils admettent que c’est la pure réalité.

Bref, l’hebdomadaire de la rue d’Auteuil, comme à son habitude, a sélectionné les héros de l’année 2007. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les francophones, toutes disciplines confondues,  semblent les mieux lotis. Côté littérature, on retiendra Alain Mabanckou, Bessora, Léonardi Miano, Ananda Devi. Au cinéma, Djimon Hounsou demeure une valeur sûre, en arts plastiques, Romulad Hazoumè, le bouillant rasta de Porto Novo, se détache, tandis que dans la chanson, la petite boule de nerfs quasi quinquagénaire, Angélique Kidjo répond présente.

Il n’y a pas de surprise. Le contraire aurait été étonnant. Mais ce qui est intéressant dans ces articles, c’est non seulement le fait d’avoir mis en relief les performances produites par ces artistes au cours de l’année, mais c’est d’avoir surtout fait une projection sur leurs carrières, la dynamique dans laquelle elles s’orientent en 2008, voire les années qui viennent.

Djimon Hounsou par exemple: le body buldé de Amistad jouera dans pas  moins de trois grosses productions dont la plus en vue est Death Race aux côtés de Clenn Close (Liaison fatale) et de Laurence Fishburne (Tina),. L’acteur qui poursuit une carrière hollywoodienne de plus en plus conséquente, tentera de se départir des rôles d’indigène ou de gros bras auxquels ces apparitions l’ont confinées jusque là.
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Djimon Hounsou dans Amistad de Spielberg, 1998

De son côté, Angélique Kidjo a marqué le public l’année dernière par son retour très groove avec « Djin Djin », son nouvel opus, qui constitue l’une des plus belles réussites musicales de l’année. Si, à l’international, ce sont les morceaux »Gimme Shelter » et « Djin Djin » qui semblent emporter l’adhésion, au pays, c’est incontestablement « sèdjedo » chanté en duo avec Ziggy Marley, qui est célébré. Les DJ des animations populaires (baptèmes, anniversaires et autres cérémonies) le jouent sans discontinu. « Le truc, m’a dit un mélomane, c’est qu’elle nous met le nez dedans. Terriblement efficace. Merci Ange ».

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Angélique Kidjo

Le disque est nomminé pour la cinquantième cérémonie des Grammy awards, la grande messe des trophées du marché américain du disque, dans la catégorie « meilleur album  de world music ». Les voduns veilleront sur elle.

Troisième mousquetaire béninois de cette sélection, c’est notre Hazoumè national, Romuald de son prénom. Melbourne, Johannesbourg, Berlin, New York, Londres, l’homme au képi arpente les grandes galeries de la planète avec ses toiles, ses sculptures. Dernier délire en date « la bouche du roi ». Une oeuvre monumentale servie par trois cents bidons noirs res de cinquante litres qui reconstituent un navire négrier du XVIII siècle.. Les rapports entre l’Afrique et l’Occident revisités sous le prisme de l’Histoire avec leurs conséquences dans les soubresauts du présent, sont restitués à travers cette installation. Depuis 2003 où l’oeuvre a été créée, elle s’arrache et s’expose dans tous les continents. Le délire de Romy fait éclater toutes les frontières.

Bien-sûr, l’hebdomadaire aurait pu ajouter le nom de Kofi Koko, chorégraphe international, grand maître de la scène, célébré en Europe  et en Asie…Il aurait pu également parler de Ludovic Fadaïro, le peintre aux toiles gigantesques, il aurait pu parler de beaucoup d’autres, mais…un choix, une sélection reste toujours arbitraire et les mouvements peuvent s’opérer du camp des élus au camp des non-élus et vice-versa. Mais ce qu’on ne peut pas nier, c’est que le mérite est là et qu’il couronne tous ces aristes! Rendez-vous fin 2008!

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Romuald Hazoumè dans le jardin des plantes, Porto-Novo.

8 commentaires pour « 2007, Des arts et des trophées »

  1.  
    Kangni Alem
    | 19:07
     

    De quoi rassurer enfin le Bénin, ailleurs qu’en littérature, il y a du grain à moudre…. je rigole!

  2.  
    Mathias
    | 22:26
     

    Rassurer le Bénin? J’en sais rien. Mais on n’a pas vraiment besoin qu’on nous dise ceux qui marchent. Nous même, on le sait, on connaît les nôtres. Toujours aussi provocateur, Kangni, hein?

  3.  
    Sergio
    | 22:34
     

    Encore un truc de blanc. Pourqoi faudrait-il qu’on soit à chaque fois content quand les blancs viennent prendre les nôtres et les montrer aux occidentaux comme de curieuses bêtes?Kidjo n’a jamais fait de la musique béninoise, Djimon Hounsou vend ses muscles aux caméras de Hollywood et Hazoumè fait de l’escroquerie artistique et tout le monde pense que c’est extraordinaire. Quand allons-nous parler de choses sérieuses!

  4.  
    Aurélie
    | 22:41
     

    Il sort d’où, çui-là? Il sait ce que c’est que l’art? Qu’on n’aime pas ce que font ces artistes, d’accord, mais qu’on dise que l’un vend ses muscles et l’autre fait de l’escroquerie et que l’autre encore n’a jamais fait de la musique africaine? Je ne sais pas pourquoi des gens qui ne sont pas suffisamment renseignés sur les choses, interviennent dans ce blog de façon si incongrue!

  5.  
    Christelle
    | 16:24
     

    Mathias et Sergio font de la provoc, rien que ça. Je trouve que la position de ces artistes, que ce soient Hazoumè, Djimon Hounsou, et même Angélique Kidjo, est fort confortable. On ne va pas bouder notre plaisir de voir certains des nôtres briller au plan international.
    Que Djimon montre ses muscles ou non, qu’il incarne des rôles psychologiques, je ne vois pas en quoi il n’est pas un grand comédien. L’année dernière il a été nominé pour l’Oscar du deuxième meilleur rôle dans Blood diamond. Et l’histoire a toujours montré qu’être nominé est un tremplin pour gagner la fameuse statuette. Pour monsieur Zotti qui parle de ses muscles, a-t-il seulement vu Beauty Shop ? Même si ce n’est pas un rôle psychologique intense, Djimon incarne un séducteur, certes originaire de l’Afrique, mais un électricien séducteur à l’aise dans ses baskets. Il réussira à séduire la belle propriétaire du salon de coiffure, le beauty shop, Queen Latifa soi-même, l’héroïne de ce film romantique. Ouais, du glamour signé Djimon.

  6.  
    | 18:51
     

    J’ai vu ce film, je l’ai même en DVD. Oui, sympathique, ce rôle de séducteur. La preuve que…Je l’ai vu aussi dans Constantine, avec Keanu Reeves interprêtant le rôle d’un parapsychologue vodouisant.
    Oui, mais nous attendons le grand rôle qui le sorte un peu du registre où son physique et ses origines africaines sont souvent sollicités. Mais au-delà, c’est un comédien adulé! Plutôt réussie, sa carrière jusqu’ici!

  7.  
    Boni Bio
    | 22:10
     

    Salut Florent !
    Je prends en compte ce qu’a dit Aurélie, je considère que Djimon Hounsou est un acteur, le seul vrai que l’Afrique compte aujourd’hui à Hollywood. Bravo pour ce blog, Florent!

  8.  
    jb adjibi
    | 17:52
     

    En grammaire, l’épithète est plus important que le nom. Si je dis « petit bandit », ce qui reste dans l’oreille ce n’est pas « bandit » mais « petit ». Donc quand le Sergio dit du Romuald que j’ai révélé aux Béninois(j’ai signé en mai 89, le tout premier des tout premiers articles de presse de cette fabuleuse carrière) je retiens l’épithète, le qualificatif : artistique. Si Sergio reconnaît qu’une escroquerie peut-être artistique, c’est qu’il rend hommage à celui qui ne revendique rien d’autre que le statut d’artiste (c’est-à dire quelqu’un qui fait les choses de manière artistique).Pour l’escroquerie, la place est déjà prise (par ICC et consorts).
    Voilà,
    jba.

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