Nos célébrités lavent plus blanc

Posté le 23 novembre 2007

Il y a quelque temps, la presse occidentale montrait, comme une bizarrerie ovnique, quelques clichés de Michael Jackson, dans ce que les darwinistes appelleraient, non l’évolution du singe en homo sapiens, mais l’homo Jackson en homo desintegrus. La bad.jpg

méga star de la pop affichait toutes les étapes de sa longue et méthodique métamorphose, depuis son teint black jusqu’à sa couleur blafarde. Condamné à dormir dans un caisson oxygéné, obligé de vivre sa désintégration dans des machines dignes de
la Starwar, Bamby est définitivement sorti de l’actualité du showbiz pour désormais occuper les colonnes obscures des faits divers.

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J’ai pensé, indécrottable naïf, que cette tragédie allait inspirer les amateurs du blanchiment de la peau à plus de prudence et même à renoncer à cette pratique. Erreur. Non seulement, le phénomène n’a pas reculé d’un seul pouce, mais les cortisones et les hydroquinones n’ont jamais coulé aussi abondamment sur les peaux noires. Il y a même mieux sur le front de la sophistication: au lieu de s’appliquer tous les jours des tubes de lait ou des boites de pommade sur le corps, on peut se faire « blanc » ou « blanche » en une seule traite. Si, si, vous avez compris : en une seule traite. 

Partout en Afrique, il existe désormais ces produits en version injectable. Des ampoules de cortisone sont vendues en pharmacie officielle – et même en pharmacie par terre –  que n’importe qui peut s’envoyer dans les veines en temps réel. Il suffit de savoir la durée ou le degré de blanchiment auquel on veut atteindre : clair soleil, clair moyen ou simplement bronzé. 

L’avantage de cette nouvelle technologie, c’est l’uniformisation du teint. Finies, les peaux panthères. Finis, les « Fanta face, body Coca Cola ». Finies, les géographies tachetées qui zèbrent si honorablement le teint. Désormais, on peut exhiber son corps sous tous les éclairages. Et continuer à laver plus blanc. Justement à la Michael Jackson. Car, le phénomène, s’il est populaire dans la masse ignorante des villes et des campagnes, fait aussi école chez les célébrités. Surtout dans le monde de la musique, de la mode et du cinéma. Au Congo et au Zaïre, rares sont les chanteurs à avoir gardé leurs teints naturels. Mbilia Bell, par exemple, l’ex pom-pom girl de Rochereau est devenue aussi éblouissante que la lumière d’un néon. Bozy Boziana, malgré son air papy, reste un adepte farouche du détergent total. Chez les membres des Wengué, la concurrence s’évalue à la capacité de chacun à dépasser l’autre dans le décapage dermique. Je ne parle même pas de Koffi Olomidé qui fait presque jeu égal avec les chanteurs et les danseurs de son écurie. En Côte d’Ivoire, c’est l’image de Natsou Traoré, la bombe à la poitrine pneumatique, l’une des vedettes des Guignols d’Abidjan, qui me vient à l’esprit. La rumeur dit qu’elle change de couleur selon les rentrées de ses finances : claire brillante quand elle gagne beaucoup d’argent, claire quand le moral est moyen et noire quand arrive la disette. Au Bénin, des clichés avant et après dépigmentation existent pour bon nombres de vedettes du petit écran : chanteuses, animatrices et journalistes TV. Même une ancienne candidate aux présidentielles, féroce utilisatrice de l’hydroquinone, affiche volontiers son teint artificiel pour se faire admirer de ces électeurs. Il parait qu’avec ça, elle serait…bandante ! (Rien que ça !) 

Dans le monde des lettres, là où cette question est souvent débattue, là où il est inimaginable de recruter des adeptes d’une telle religion, la pratique y est aussi « intelligente ». Certes, on n’en compte pas des masses, mais il y en a une qui s’y adonne massivement : Calixte Beyala. Cette romancière qu’on dit féministe, qui se bat contre toutes les aliénations, qui mène la vie dure à tous les clichés sur l’Afrique, est devenue une fanatique de ces produits. 

Pourtant, les adeptes de cette pratique savent, sur tous les plans, que c’est dangereux. Ils savent les risques qu’ils encourent. Ils savent très bien que ces produits conduisent à terme au cancer de la peau, qu’ils agissent sur les ovaires, provoquent la stérilité, modifient la formule sanguine, bref qu’il y a mille et une raisons d’y renoncer. Mais ils n’y renonceront pas. Car, quand je vois ma petite nièce, devenir, en l’espace de trois mois, une véritable yovo, je me dis qu’il y a à désespérer des adeptes d’une telle religion. Elle me dit, pour se justifier, que « tout le monde fait ça ». Mes conseils, mes démonstrations, mes colères n’ont servi à rien. C’est Ahmadou Kourouma qui a la réponse à tant d’inepties : « la damnation poussera aux fesses du nègre tant qu’il singera et travaillera pour le blanc ». 

Un commentaire pour « Nos célébrités lavent plus blanc »

  1.  
    EBernays
    | 1:53
     

    Que vous soyez outré par ces noir(e)s qui s’abiment la santé pour masquer leur « négritude », je le comprends et je suis d’accord avec vous. Mais les propos sur Michael Jackson dans votre article sont scandaleux. Et je pèse mes mots. MJ était un homme malade, atteint du vitiligo. Maladie qui enlève TOUTE la couleur originelle. IL est strictement impossible de transformer une peau noire en une beau blanche de type occidental. Dire qu’il est condamné à dormi dans un caisson, c’est juste honteux.

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