ETONNANTS VOYAGEURS A BAMAKO : INDEPENDANCE SANS CHACHA

14 décembre 2010

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Débat avec Christiane Diop et Cheih Amidou Kane

Ils sont de nationalités diverses, vivent sur trois continents, parcourent le monde, mais habitent un même territoire de pensée et d’imaginaire : les écrivains.  Cette année, Etonnants Voyageurs escale Bamako, les a de nouveau réunis. Des quatre coins de l’Afrique, de la France, des Etats-Unis, ils ont débarqué, les livres pleins les bagages, les yeux fixés sur Le ciel sec et granuleux d’un Mali tout juste sorti de l’effervescence du cinquantenaire des indépendances. Parmi eux, les habitués de la première heure : Michel Lebris bien sûr, l’inusable Maëtte Chantrel, Romuald Fonkoua, Alain Mabanckou, Véronique Tadjo, Moussa Konaté, Ousmane Diara…Il y a aussi les autres, arrivés pour la première fois… Leonora Miano, Nafissatou Diallo, Janis Otsemi et le petit jeune béninois Gérôme Nouhouaï. Sans compter Emmanuel Dongala, Roland Collin, Pascal Blanchard…Mais le plus émouvant, c’est de voir trois des plus grandes figures de la littérature africaine présentes: Cheikh Amidou Kane, l’auteur de l’incontournable l’Aventure Ambigüe, Seydou Badian signateur du classique de Sous l’Orage et Christiane Diop, la mère courage des éditions Présence Africainedscf6440.jpg

Emmanuel Dongala

Bamako, écrasé par la chaleur, est toujours accueillant. La ville porte encore dans ses vitrines les confettis de la célébration du cinquantenaire de son indépendance. De nouvelles routes sont tracées, un échangeur jouxte la nouvelle cité administrative,  générosité bien voyante de Mouhamar Kadhafi. Mais « nous sommes loin de la « ville-Tokyo » dont on affuble Bamako », ironise Sophie Ekoué, journaliste à RFI. 

Ce qui est certain, c’est que le Mali, comme les autres pays de l’Afrique francophone, s’interroge sur le bilan de ses cinquante ans d’âge. Le sujet semble inépuisable. D’autant que depuis le début de l’année, il est décliné sous tous les registres. Le rendez-vous de Bamako n’y échappe pas. Le premier débat qui ouvre le bal est fort justement intitulé « l’indépendance vue par les écrivains africains ». Puis suivra un autre « faire face à son histoire, le défi des indépendances ». L’unanimité ici, est sans ambigüité : les indépendances, même si chacun s’est essayé d’en rapporter des témoignages personnels au entendus de tiers, les indépendances n’auraient été qu’un grand malentendu. Le sur-place des pays est à la mesure des envies d’éternité des potentats qui trônent à la tête des Etats. il est loin le temps des Kabassélé et consorts qui, l’espoir à fleur de guitare, pouvaient chanter « independance chacha ».  Aujourd’hui, cinquante harmanttans plus tard, cette chanson a été remplacée par le « nous pas bouger » de Salif Kéita.

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Cheih Amidou Kane

Mais à Bamako, on n’a pas que chanté les funérailles de « indépendance chacha ». Etonnants Voyageurs, c’est aussi ces instants de retrouvailles, de complicités et de rires. Libar Fofana, Marseillais d’origine guinéenne, par exemple, nous a raconté comment il s’est pris le pied dans le tapis lors du débat « je est un autre ». « Ça me rendait dingue, ce sujet, plus je réfléchissais là-dessus, plus je n’y comprenais rien. Lors du débat, quand mon tour de parole est venu, j’ai senti des fourmis dans mes jambes, je dégoulinais de sueur. Christiane Diop qui voyait ma torture m’a envoyé du crinex pour m’essuyer. On devrait créer l’association des auteurs qui publient, mais qui ne parlent pas ». En se racontant, lui-même était littéralement plié en deux. 

L’autre surprise de la version 2010 d’Etonnants Voyageurs, c’est la soirée à Blomba, salle de spectacle des Bamakois noctambules. Soirée offerte aux mots où les slameurs, les poètes, les chanteurs ou les passeurs de mots viennent dire leurs espoirs et leurs déboires. La littérature parlée et articulée trouve ici des raisons de rayonner par le savoir dire de tous ces griots modernes. Note spéciale à Leonora Miano, gospel woman, à la voix grave et sensuelle qui nous a projeté dans les cales de bateaux négriers. Les esclaves, plutôt que d’accepter le verdict de la traversée sans retour, préfère s’abandonner à la mer pour un voyage plus digne. Un a-capella qui nous a retourné les tripes…

Mais il y a une ombre qui a plané au-dessus de Etonnants voyageurs. Tout au long de la manifestation, les élections en Côte d’Ivoire, pays voisin du Mali, ont hanté les conversations. Chapelets et prières ont alterné avec les commentaires et analyses. L’avenir immédiat de ce pays si cher aux africains n’a laissé personne indifférent. On imagine aujourd’hui les déceptions…L’Afrique a décidément mal à ses enfants…Comme depuis le début de ces indépendances…

Cinquante ans d’indépendance : la valeur des mots et la cruauté du réel.

30 juillet 2010

 Indépendance.

D’aussi loin que remontent mes souvenirs liés à ce mot, je ne vois qu’une cour d’école -- Ecole Quartier -, des éclats de voix échappés des discussions d’adultes. C’était à Parakou, où écolier, je trainais souvent dans la salle des maîtres à l’affût d’un débat où les beaux mots étaient souvent utilisés. Car, j’étais friand de belles expressions, de belles envolées littéraires, de ces constructions heureuses qui donnent saveur unique à la langue française et qui inspirent de fort belles rédactions.

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GG VIKEY: Un souffle qui s’amenuise…

15 juin 2010

Antony, banlieue sud de Paris.

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A la sortie-est du RER, juste après la gare de bus, se dresse un bâtiment blanc, l’hôpital privé d’Antony, éclairé par un soleil presque estival. Dans cet après-midi de 3 juin, Georges Vikey, le fils aîné de la famille me conduit dans cet établissement où son père est interné depuis près de six mois. J’ai connu Georges par le net, dans un message envoyé sur mon blog où je tentais de reconstituer la vie de GG Vikey, peu disert sur ce qu’a été son parcours artistique. Depuis, nous sommes devenus amis et à chaque passage à Paris, je lui demande des nouvelles de son père.

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Politique au Bénin:Le clown, ses shows et la République

20 mai 2010

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  Depuis un certain temps, les Béninois assitent, éberlués, à l’abêtissement de leur intelligence par le pouvoir central décidé à faire d’eux des machines à applaudir les transes du roi à travers l’un de ses bouffons. Inédit. Et époustouflant.

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Florent Couao-Zotti, l’arme du pleurer-rire

3 mai 2010

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Voici l’article publié dans 24 heures Suisse après la remise officielle du Prix Kourouma le 29 avril dernier à Genève.

Roman/Avec Florent Couao-Zotti, l’esprit tragi-comique d’Ahmadou Kourouma est bien vivant au Salon africain de Genève. JEAN-LOUIS KUFFER |

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